Circulaire no 2000-12 du 21 février 2000 relative
au régime spécifique temporaire de circulation des transports de bois en grume
sous le régime des transports exceptionnel
Le ministre de l’équipement, des transports et du
logement, le ministre de l’intérieur, le ministre de l’économie, des finances et
de l’industrie à Mesdames et Messieurs les préfets (directions départementales
de l’équipement) ; Monsieur le préfet de
police.
Cette circulaire est relative au régime
spécifique temporaire de circulation des transports de bois en grume sous le
régime des transports exceptionnels que nous vous demandons de mettre en place
afin de favoriser l’évacuation des bois abattus pendant les tempêtes du mois de
décembre 1999.
Dans son discours du
3 février 2000 à l’Assemblée nationale, le Premier ministre a indiqué
la volonté du Gouvernement de se mobiliser pour remédier aux dégâts causés par
les tempêtes de la fin décembre 1999. Les chiffres présentés sont
impressionnants :
– en
terme de volume, on estime à 144 millions de mètres cubes, le volume de
bois à évacuer ; l’industrie française consomme chaque année
35 millions de mètres cubes, et pourrait exceptionnellement en traiter
50 millions cette année ; les capacités de stockage sont en France
estimées de 10 à 15 millions de mètres cubes ; il reste donc environ
80 millions de mètres cubes à exporter à
l’étranger ;
– en terme de
coût, les dégâts au patrimoine forestier sont estimés à 20 milliards de
francs ; aujourd’hui, on estime à 7 milliards de francs le gain
potentiel attendu de l’exploitation des bois abattus par la tempête. Néanmoins,
ce chiffre pourrait baisser fortement, si l’exploitation devait être retardée,
dans la mesure où certaines essences (épicéa, hêtres, pins maritimes, etc.)
doivent impérativement être exploitées dans les trois
mois ;
– enfin, si les bois
devaient rester sur place, les risques de développement de maladies
phytosanitaires et d’incendie, et donc d’aggravation des conséquences de ces
tempêtes, seraient extrêmement importants.
Parmi les
mesures annoncées par le Premier ministre, figure un plan national pour la forêt
destiné à évacuer, stocker et mettre en valeur les bois
abattus.
Avec l’appui du Gouvernement, l’ensemble des
professions forestières a décidé le gel des coupes dans les régions épargnées
par les tempêtes, nécessitant ainsi un surcroît de transport des grumes pour des
trajets de moyenne et de longue distance vers les centres de traitement des
régions épargnées. En outre, l’industrie française ne pourra absorber tous les
bois abattus, et il importe de pouvoir les acheminer dans les meilleures
conditions vers les ports les mieux équipés. Si le mode de transport privilégié
pour les longues distances est le transport ferroviaire, qui bénéficie d’une
aide conséquente de l’Etat, le transport routier devra permettre le transport
des grumes vers des lieux où elles pourront être regroupées en vue de
l’utilisation d’autres modes de transports.
Pour
satisfaire aux besoins locaux de transports, en application des dispositions de
l’article R. 51 du code de la route et de la circulaire
interministérielle no 75-173 du 19 novembre 1975
modifiée par la circulaire no 97-48 du 30 mai 1997, la
réglementation permet d’autoriser la circulation permanente des transports
exceptionnels de bois en grumes par arrêté préfectoral réglementaire (APR), dans
des conditions définies par un arrêté-type. La charge maximale du véhicule et de
son chargement est alors limitée à 44 tonnes pour 5 essieux et à
48 tonnes pour 6 essieux, contre 40 tonnes en régime normal ou
44 tonnes en cas de transport combiné. A ce jour, on constate que plusieurs
départements n’ont pas pris d’APR, et que plus d’une vingtaine d’entre eux
conservent des APR antérieurs à 1997 qui limitent le tonnage maximal à
40 tonnes.
L’importance de la masse à évacuer et
la diversité des destinations font craindre une augmentation très importante des
demandes de transports exceptionnels, démarche contraignante pour les
transporteurs qui doivent obtenir une autorisation, et, compte tenu de
l’importance de la demande, surcharge difficile à gérer dans des délais
raisonnables par les DDE, services
instructeurs.
Aussi, dans un souci d’efficacité et de
simplification des procédures, mais à titre temporaire et pour une durée de six
mois renouvelable à compter de la parution de la présente circulaire, la
circulaire interministérielle no 75-173 du
19 novembre 1975 modifiée par la circulaire no 97-48
du 30 mai 1997 est modifiée comme
suit :
– dans le
chapitre II relatif aux arrêtés préfectoraux réglementaires, dans le
paragraphe A « Dispositions générales », le
2e alinéa est remplacé par l’alinéa suivant :
« A l’exception du transport de bois en grumes, la circulation des convois
sous arrêtés préfectoraux réglementaires est autorisée sous réserve des
spécifications particulières précisées dans chaque arrêté, sur un trajet
comprenant un département et un département limitrophe, à la condition que
chacun des deux départements ait établi un tel arrêté et que le transport
respecte les conditions fixées par chacun des arrêtés. Pour le transport des
bois en grumes, la circulation des convois sous arrêtés préfectoraux
réglementaires est autorisée sous la seule réserve des spécifications
particulières précisées dans l’arrêté de chaque département
traversé » ;
– dans
l’annexe 1.f, article b, les deuxième et troisième alinéas sont
supprimés.
Ainsi, en respectant les prescriptions
figurant dans l’arrêté préfectoral réglementaire de chaque département, il est
possible de proche en proche, de circuler sur de plus longues distances, sans
autorisations individuelles. Comme prévu dans les arrêtés préfectoraux
réglementaires, le conducteur doit être en possession d’une copie des arrêtés
correspondant à son transport. L’ensemble des arrêtés préfectoraux
réglementaires sera porté à la connaissance des transporteurs via le site
Internet du ministère de l’équipement, des transports et du
logement.
A partir du réseau de routes nationales
autorisées pour les transports exceptionnels de 1o catégorie,
une première analyse, matérialisée par la carte jointe, a permis de définir un
réseau de RN maillé et continu utilisable pour une durée limitée par les
transports de bois en grumes jusqu’à 48 tonnes sur 6 essieux et
44 tonnes sur 5 essieux.
Pour faciliter
globalement les conditions de circulation des transports de grumes, nous vous
demandons de bien vouloir prendre les mesures
suivantes :
1. Dans les meilleurs
délais :
– si votre
département n’est pas doté d’un arrêté préfectoral réglementaire ou s’il est
doté d’un arrêté antérieur à 1997 limitant le tonnage à 40 tonnes,
prendre un arrêté préfectoral réglementaire au moins temporaire, limité au
réseau routier national et comportant a minima les voies comprises dans
la carte jointe en annexe. La restriction au département et aux départements
limitrophes sera suspendu temporairement. Sauf problème particulier, la
continuité du réseau au droit des agglomérations sera assurée par les
itinéraires de transports exceptionnels de première
catégorie ;
– si votre
département est déjà doté d’un arrêté préfectoral réglementaire autorisant le
tonnage jusqu’à 48 tonnes, prendre le cas échéant un arrêté modificatif
pour y intégrer les voies définies dans la carte jointe en annexe, et pour
suspendre temporairement la restriction au département et aux départements
limitrophes si elle y figure
explicitement.
2. En parallèle, engager
une concertation avec les gestionnaires de voirie, à commencer par le président
du conseil général, et avec les professionnels du secteur forestier, afin de
prendre un second arrêté préfectoral réglementaire au moins temporaire
permettant la circulation des camions assurant les transports exceptionnels de
grumes sur une partie des réseaux départementaux et éventuellement
communaux.
Vous veillerez dans la mesure du possible
à ce que la continuité des réseaux ainsi définis soit assurée aux limites
départementales.
Nous attirons néanmoins votre
attention sur les risques de dégradations des chaussées et des ouvrages d’art
inhérents à l’augmentation des charges roulantes, en particulier dans les
périodes actuelles de fragilité des chaussées, et vous rappelons que le régime
général permet la circulation des poids lourds de 40 tonnes sans
autorisation particulière.
La quasi-totalité des
arrêtés préfectoraux réglementaires n’autorise la circulation qu’entre le lever
et la tombée de la nuit. Les itinéraires moyennes et longues distances ne sont
utilisables que dans ces conditions. Certains représentants de la filière bois
ayant manifesté leur volonté de pouvoir bénéficier de périodes de circulation
plus importantes, il vous appartient, eu égard aux conditions locales de
circulation et de sécurité et aux enjeux locaux, de décider localement de
mesures exceptionnelles et temporaires concernant les périodes de circulation
autorisées et la circulation sur route express, dans la mesure où la route
express n’est pas interdite aux transports exceptionnels par
décret.
3. Nous vous demandons de veiller
par les contrôles nécessaires au respect des dispositions définies dans les
arrêtés préfectoraux réglementaires, et plus particulièrement celles relatives à
la réception des véhicules pour les nouvelles charges autorisées, aux charges
effectivement pratiquées, aux limitations de vitesse, aux dispositions
d’arrimage.
4. Nous vous demandons de
faire remonter au ministère de l’équipement, direction de la sécurité et de la
circulation routière, d’une part une copie sous forme électronique des nouveaux
arrêtés préfectoraux réglementaires de votre département, et d’autre part les
bilans trimestriels des accidents impliquant des véhicules de transports
exceptionnels et tout élément susceptible de remettre en cause ou de suspendre
les dispositions figurant dans la présente
circulaire.
Vous voudrez bien porter le contenu de la
présente circulaire à la connaissance des autorités gestionnaires d’autres
réseaux routiers, et nous rendre compte de son application.
| Pour le ministre de l’équipement, des transports et du logement, et par délégation : La directrice de la sécurité et de la circulation routières, I. Massin |
| Pour le ministre de l’équipement, des transports et du logement, et par délégation : Le directeur des transports terrestres, H. Du Mesnil |
| Pour le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie, et par délégation : La directrice générale de l’industrie, des technologie de l’information et des postes, J. Seyvet |
| Pour le ministre de l’intérieur et par délégation : Le directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, J.-M. Delarue |